Comment je sélectionne et fais sécher les fleurs pour mes bijoux
Avant même de couler la résine ou de poser un apprêt, il y a une étape essentielle, souvent invisible mais profondément importante dans mon processus de création : la fleur.
Parce que mes bijoux sont faits à partir de fleurs naturelles séchées, chaque pièce commence bien avant l’atelier — parfois dans un jardin, parfois dans une jardinerie, parfois même dans une presse oubliée pendant des semaines.
Voici comment je choisis, sèche et prépare ces petites merveilles végétales qui rendent mes créations uniques.
De la terre à la création : mon petit écosystème de fleurs
La majorité des fleurs que j’utilise viennent directement de mon jardin — ou de pots cultivés à la maison.
Je ne peux pas tout faire pousser, alors 10 à 20 % environ viennent d’autres artisans, qui proposent des fleurs déjà séchées avec soin. Mais dès que je peux, je préfère les cultiver moi-même.
Je passe beaucoup de temps à sillonner les jardineries, les marchés aux fleurs, les pépinières près de chez moi. Je choisis des plants qui me parlent, souvent en fonction de la forme de leurs fleurs, de leur taille ou même de leur texture.
Une fois plantées, je les arrose tous les soirs, en m’adaptant à la chaleur. C’est un petit rituel, un moment calme, connecté à la terre. Puis, j’attends qu’elles fleurissent.
Choisir LA bonne fleur
Toutes les fleurs ne sont pas adaptées à tous les bijoux. Quand vient le moment de la récolte, je choisis des fleurs :
- ni trop grosses, ni trop petites,
- en fonction de la pièce que je veux créer (pendentif, bague, boucles d’oreilles...),
- parfois en modifiant légèrement la fleur : je retire quelques pétales pour équilibrer sa forme, ou au contraire je la laisse telle quelle, naturellement belle.
C’est une sélection très intuitive, guidée par le bijou que j’ai en tête.
Le séchage : délicat et plein de surprises
Une fois sélectionnées, les fleurs partent dans ma presse à fleurs.
C’est là qu’elles commencent leur transformation silencieuse.
Je les dispose délicatement, en pensant déjà à leur futur usage. Et puis... j’attends. Plusieurs jours, parfois plus. Et chaque fois que je rouvre la presse, je ressens une forme d’excitation joyeuse :
Est-ce qu’elle a bien séché ? Est-ce que sa couleur a changé ? Est-elle exploitable ?
Certaines fleurs me surprennent totalement :
Par exemple, une fleur rose peut devenir bleu pastel une fois sèche.
C’est un peu comme un tirage au sort botanique : imprévisible, mais toujours magique.
Un bijou qui commence avec une fleur
Chaque bijou que je crée commence bien avant l’atelier.
Il commence par une graine semée, une plante arrosée, une fleur cueillie, une couleur observée, un pétale pressé.
Et c’est cette attention-là, ce soin porté à chaque étape, que j’essaie de faire ressentir dans chacune de mes créations.